Les coulisses du mannequinat

Comment êtes vous devenue mannequin ?

Je m’appelle Emeline, j’ai 19 ans et je suis mannequin.

L’idée de devenir mannequin m’est venu très naturellement.
À 15 ans, une personne dans la rue m’a interpellé pour me dire que j’avais le profil de ce que leur agence recherchait.
Après cet événement, j’ai commencé à faire des recherches et j’ai trouvé une agence mère nommé « Eskimo », c’est une agence internationale qui nous guide vers des agences de notre secteur afin de trouver la plus adaptée à notre profil.

En parallèle, elle permet de créer un book, de participer à des shootings et de développer une page Instagram ; Instagram est une plateforme primordiale dans le mannequinat, car cela permet de découvrir des nouveaux profils et surtout d’entrer en contact plus facilement avec un mannequin.

Combien de shootings  avez-vous à votre actif ?

J’ai fait énormément de shootings pour mon book, pour des éditos et également des marques.
C’est un travail avec des fréquences imprévisibles car nous n’avons pas un agenda fixe, il peut avoir plusieurs shootings par semaine ou alors ne pas en avoir du tout pendant deux mois.

Pour quelle marque avez-vous travaillé ?

Je travaille beaucoup pour des étudiants qui sortent de grandes écoles comme Esmod ou l’École de la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne.
C’est pratique car niveau financier ca permet d’avoir un petit job et de créer des contacts. J’ai travaillé également avec des marques comme Hermès, Valentino et des marques asiatiques.
Être mannequin, c’est aussi toucher à tous les terrains !

Quelle est votre journée type ?


Une journée type commence tôt.
On est maquillé pendant une demi-heure ou plus. Puis, les stylistes nous font enfiler les tenus préalablement essayé lors de feetings qui ont lieu généralement quelques jours avant le shooting ou le défilé. Le feeting est important, car il permet de ne pas perdre de temps le jour J, le mannequin essaie plusieurs tenues afin que les stylistes puissent sélectionner celle qui lui va le mieux.

Le shooting dure généralement 2 heures minimum. Les durées sont généralement indiqués sur le contrat, accord écrit entre la marque et le mannequin. Si le shooting dure une journée entière, alors une pause repas a lieu au milieu. Cette pause est devenue obligatoire suite à une loi passée par le groupement de marque LVMH. Il stipule qu’un repas équilibré doit être obligatoirement fourni aux modèles.

En effet, voyant la maigreur de certains mannequins maladives et excessives. Le groupe LVMH a mis en place une première directive sur la quantité de nourriture servi et sur l’Imc. Ainsi pour pouvoir travailler il faut passer par un médecin du travail qui vous examine et vérifie votre imc (indice de masse corporelle) qui doit être supérieur à 18 pour un adulte exerçant la profession.

Quel est votre plus beau et pire souvenir ?


Mon premier shooting professionnel était avec Hermès en 2017, c’était très enrichissant, car cela m’a permis de découvrir le milieu de la mode en profondeur.
Pendant le shooting, j’étais à la fois intimidée et impressionnée car lors de chaque préparation il y avait au moins une vingtaine de personnes comprenant stylistes, maquilleurs et photographes autour de moi. Cela m’a permis de me plonger directement dans l’univers de la mode.

Il y a énormément de bonnes expériences que j’ai pu vivre grâce à ce métier. J’ai notamment pu voyager, et rencontrer un grand nombre de créateurs, photographes et stylistes passionnés.

 À mes débuts, j’étais mannequin freelance ; par le biais de directeurs de castings, les marques me contactaient via instagram pour travailler avec moi. Un jour, je suis tombé sur un shooting où la directrice artistique ne respectait pas mes horaires. J’ai donc fait des heures supplémentaires non prévues sans être rémunéré pour autant. Être en agence est une sorte d’assurance, car les contrats y sont toujours respectés.

Quels sont les critères pour devenir mannequin ?


Généralement, les agences recherchent des femmes d’ 1m72 et des hommes d’1m86 minimum ; c’est toujours très compliqué de rentrer dans le monde du mannequinat quand on ne correspond pas à la morphologie souhaitée même si en ce moment les critères sont légèrement en train de changer parce que les marques réalisent enfin que le plus important, c’est le visage et ce que la personne dégage sur la caméra.
Si vous avez un visage marquant ou une belle silhouette qui change de l’ordinaire FONCEZ ! Ne laissez pas vous abattre sur des critères trop exigeants.

Pensez vous que la notion de beauté évolue avec le temps ou que les marques restent-t’ils dans le mimétisme social ?

Quand on voit les modèles des années 50 jusqu’à aujourd’hui, ça a toujours été des types de corps très différenst. On remarque que dans les années 50, il y avait les brindilles, c’était des femme très fines. Puis, dans les années 80, c’était la mode de la femme sportive.
On s’aperçoit que la mode change constamment.


Mais pour les grands défilés de mode comme la fashion week, c’est encore très difficile de faire changer les mentalités des recruteurs contrairement aux shootings qui eux commencent à promouvoir des physiques plus « atypiques » comme des modèles transexuels, des grandes tailles, de différents types de peau, etc..

Recommandez-vous des marques qui partagent le message de l’acceptation de soi ?

En ce moment, Calvin Klein diffuse des affiches partout à Time square dans lequelles nous pouvons apercevoir Jari JONES, une femme plus-size de couleur alors quand 2008, la femme idéalisée était blonde et élancée. Cela nous montre que certaines marques commencent à afficher des mannequins avec une beauté réaliste.

Quels sont les créateurs avec qui vous avez aimé travailler ?

J’ai eu la chance de pouvoir travailler avec une marque que j’aime beaucoup : Paula Canovas del vas. C’est une marque vivante avec beaucoup de couleurs et qui prône la différence, les formes, la pilosité, etc. Ce qui me plaît, c’est qu’il ne prône pas la fille parfaite qu’on essaye de nous inculquer au quotidien.

Qu’aimez-vous dans ce métier ou cette passion ?

Cette passion permet de financer mes études, de prendre confiance en moi, de communiquer, de rencontrer, de découvrir la mode et de prendre conscience de ce qu’il y a derrière une publicité et un magazine.

Qu’est-ce que cela vous a apporté ?

Cela m’a permis de me découvrir et de découvrir mes capacités. Mais cela m’a également apporté des choses péjoratives. Par exemple dans les castings, on est considéré un peu comme de la marchandise et c’est là où je me compare beaucoup aux autres.

Ce qui est difficile, c’est de se dire qu’on est qu’une image et qu’on ne va pas être prise par rapport à ce que l’on est ou ce que l’on pense. Pour être mannequin , il faut très être fort mentalement et surtout pas être sensible ou susceptible .

Quel message aimerez-vous partager aux jeunes rêveurs ?

Tout est possible quand on y croit, il faut se donner les moyens. Le mannequinat est un monde très idéalisé, mais pourtant très difficile. Il ne faut surtout pas que les remarques influent sur la vision de vous-même.
Un conseil : n’essayez pas de changer qui vous êtes, vous êtes uniques et c’est cela qui va attirer les recruteurs !
La beauté est subjective donc si tu ne peux pas t’aimer comment les autres peuvent-ils le faire ?

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