L’acceptation d’une vie

Pésentez-vous

Je m’appelle Isaya et suis actuellement en BTS communication et militant trans et féministe pour les droits des personnes lgbt+. Je fais parti des colleureuses et crée du contenu informatif depuis peu sur Instagram.

Qu’est-ce que la transidentité ?

La transidentité je dirai que c’est tout le parcours d’une personne qui ne se sent pas en accord avec son genre assigné à la naissance.

Comment avez-vous à découvert votre transidentité ?

Durant mes années collèges, j’étais dans une recherche identitaire très poussée, et je pense que c’est à ce moment là où les prémisses de ma transidentité ont apparu.

Un jour, j’ai décidé de me  couper les cheveux, beaucoup de gens me prenaient pour un garçon. Ca m’a beaucoup perturbé, parfois ça gênerait une colère impulsive et en même temps un questionnement sous-jacent.

Je me souviens d’une discussion en art plastique avec un ancien ami à moi où on se demandait «  et toi si tu pouvais changer de sexe tu le ferais ? ». Malgré la maladresse de nos discussions, et notre absence de connaissances face à ce sujet, avec le recul je pense que c’était le germe d’un questionnement personnel.

Fin collège, début lycée, avec la pression sociale et les jugements, j’ai décidé d’opter pour une performance du passing féminin. J’avais les cheveux longs, je me maquillais tous les jours, et je me mettais une pression maladive sur ca, sur mon poids, mon apparence etc.

 Il fallait que je sois là « Femme parfaite, que tout le monde apprécie et désire ». Ce qui en réalité n’a fait que dégrader mon état mental.

 Au début je me suis demandé si cela n’était pas un problème d’attirance, puis petit à petit j’ai découvert que j’avais envie d’être masculin mais que je n’étais pour autant lesbienne.

 (Attention je ne dis pas la qu’il faut être lesbienne pour être une femme masculine mais simplement que c’est la manière dont les choses se présentent dans notre société.)

Je manquais tout simplement de ressources.

 Puis au fur et à mesure de mes années lycées, j’ai rencontré différentes personnes, de toutes sortes et un panel d’identité que j’ignorais totalement. C’est à partir de ce moment là où j’ai compris que j’étais dans une forme de neutralité à tendance masculine. Les choix qui devaient en découler ne me sont pas apparus tout de suite. Je pense être en perpétuelle évolution.

Comment s’est passé le cheminement pour en venir à assumer cette partie de vous?

Assumer c’est un grand mot parce que j’ai encore des parties de moi dans le déni, mais le dire ouvertement je pense que ça a été marqué durant cette année 2020 par mon coming out à ma famille (outre mes parents). Jai considéré qu’il était nécessaire que je leur en parle avant mes 18 ans et le début d’un traitement hormonal. C’était plus dans leur intérêt que dans le mien à vrai dire.

Éclaircir les situations permet parfois d’éviter des conflits et des maladresses. Je pense qu’à la suite de ça et du confinement, étant déjà très admiratif des militants lgbt féministe et queer sur les réseaux, j’ai eu envie moi aussi d’étendre un peu l’instruction autant que je le pouvais, avec le peu d’influence que j’ai. Je pense que les questions de mon entourage ont aussi nourrit cette envie.

Pour conclure, je ne pense pas assumer encore totalement mais mon coming out et mon militantisme constituent une forme d’affirmation.

Quelles étaient les réactions de votre entourage ?

Les réactions de mon entourage ont été vraiment positives . J’ai eu beaucoup de chance parce que j’ai toujours eu un cercle d’ami.e.s e et un copain ouvert d’esprit et à l’écoute; j’ai également une famille qui m’a vu évoluer,  je pense beaucoup à mon père avec qui j’en ai beaucoup parlé. 

Apres évidemment qu’iels sont toustes un peu maladroit.es mais iels font au mieux. Iels m’accompagnent au mieux, m’aide à me sentir plus à l’aise comme iels le peuvent, m’accompagnent à mes rendez-vous médicaux/psychologiques et me soutiennent beaucoup émotionnellement. 

Comment se déroule votre transition ?

Elle démarre à peine pour moi, j’attends d’être officiellement sous testostérone d’ici la fin de cette année 2020. 

Pour ce début de transition, je dirais plutôt qu’elle se passe bien parce que je suis très bien entouré et c’est ce qui me permet d’avoir la force de tenir, de ne pas sombrer, de comprendre qu’il ne faut pas que je construise ma vie sur mon identité mais  plutôt que cela ne soit qu’un élément et non pas un problème constant ou un élément central de ma personne même si ça fera toujours parti de moi. 

Après, pour le déroulement de la transition ,  je ne peux m’empêcher de critiquer ces démarches absurdes de passage chez le psychiatre et de l’attente de plusieurs rendez-vous obligatoire pour accéder au traitement. C’est long et pesant. 

Quels traitements souhaitez-vous prendre ?

J’envisage un traitement hormonal des la fin d’année à priori. J’ai hâte et en même temps j’essaye de faire preuve de sagesse vis-à-vis de ça.  Chaque chose a son rythme. 

Pour ma part, mon traitement sera composé de testostérone, il permet une transition hormonale  virilisante et masculinisante.

De plus, la testostérone existe sous différentes formes :  elle existe en gel mais cela coûte cher et ce n’est pas remboursé par la sécu.

 Par conséquent, la forme la plus employée est celle des injections  qui sont donc prescrites par un endocrinologue (médecin des hormones) .

Chaque personne peut arrêter le traitement quand elle veut, jusqu’au moment où  elle considère avoir obtenu ce qu’elle souhaitait en terme de changement. En revanche, si vous arrêtez la testostérone, certains aspects reviendront (un peu) à leur état initial, comme la répartition des graisses.

Avez-vous déjà reçu des remarques ?

Oui ! Les critiques partent des réseaux sociaux aux questions indiscrètes quand on rencontre quelqu’un en soirée, aux fous rires et aux remarques dans le cadre scolaire. Les gens ne comprennent pas que parfois on n’a pas forcément envie de faire de la pédagogie avec eux.

Participez-vous à des associations, des manifestations sur ce sujet ?

je n’ai jamais fait parti d’associations  mais je recommande tout de même  le Mag  qui m’a permis d’obtenir mon premier binder.

En terme de manifestation, il y a l’Existrans, c’est une marche pour les personnes trans et intersexes, je n’ai jamais eu ni l’occasion ni le courage d’y aller (en raison dune phase de déni et d’un manque de temps ). 

Il ya également la Pride où je me rends tout les ans depuis environ 4 ans.

 Pouvez-vous nous conseiller des pages instagram qui partage un beau message sur la transidentité ?

Sur instagram, je recommande : @salinleon, , @mickagrd ; @unpandaqueer, @crazyden, @aggressively_trans, @venusliuzzo

Après tout ce combat, êtes-vous heureux ?

je pense que mon combat n’est pas fini mais oui, je suis heureux, quand je vois les choses évoluer à titre personnel comme collectif, je ne dirai pas à l’échelle sociale ça serait mentir parce qu’il y a encore beaucoup de choses à acquérir comme une facilitation dans l’accès aux soins ou à la PMA pour tous/tes etc.
Mais c’est beau de voir que les gens autour de nous évoluent, ça donne de la force et de l’espoir.

Quels messages souhaitez-vous partager aux personnes qui n’arrivent pas à assumer ce qu’elles sont réellement ?

Le message que je communiquerai aux personnes ayant peur c’est que 2020 c’était tellement fucked up que c’est le moment d’en profiter. On ne sait pas de quoi est fait demain.

Nos générations ont du mal à se projeter parce que le contexte est en perpétuel évolution et je ne pense pas qu’au covid mais à la crise écologique et aux nouvelles réformes en permanence. Tellement de choses sont instables autour de nous alors c’est le moment d’en profiter et d’être votre propre stabilité.

On a tous/tes une vie et ça passe super vite. C’est du gâchis que de ne pas la vivre à fond et perdre du temps avec toute cette souffrance. Libérez- vous pour gravir les marches.

Nous avons beaucoup de choses à construire personnellement. Alors gagnez du temps !

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